
Une rumeur faisant état d’une prétendue mortalité élevée chez les personnes nouvellement mariées circule ces derniers jours à Butembo, notamment sur les réseaux sociaux. Des publications non vérifiées laissent entendre que le mariage exposerait les nouveaux couples à une mort subite. Une affirmation que Maître Daniel Mathe, défenseur judiciaire à Butembo, qualifie de fausse et sans fondement.
Selon cet acteur judiciaire, aucune preuve scientifique ou juridique ne permet d’établir un quelconque lien entre le mariage et la mort des nouveaux mariés.
« Il faut comprendre que la mort est un phénomène naturel. Tout être vivant connaît la naissance, la vie et la mort. On ne peut donc pas établir un lien entre le mariage et le décès d’une personne », explique Maître Daniel Mathe.
Cette rumeur serait également alimentée par différentes spéculations liées aux fiançailles et aux promesses de mariage. Certains internautes évoquent notamment l’hypothèse de malédictions ou de recours à des pratiques mystiques à la suite de promesses de mariage non tenues.
À ce sujet, Maître Daniel Mathe rappelle que le droit congolais protège la liberté de consentement au mariage. Les fiançailles, explique-t-il, constituent une promesse réciproque de mariage, mais elles n’obligent pas nécessairement les fiancés à aller jusqu’au mariage.
« Les fiançailles sont une promesse que les futurs époux se font mutuellement de se prendre en mariage. Mais cette promesse ne les oblige pas à se marier. Tant que le mariage n’est pas conclu, chacun peut renoncer », précise-t-il.
Le défenseur judiciaire reconnaît toutefois que certaines ruptures abusives de fiançailles peuvent avoir des conséquences sur le plan juridique. Dans certaines circonstances, la personne qui s’estime lésée peut saisir la justice afin de réclamer réparation.
« Il existe des ruptures abusives de fiançailles qui peuvent être sanctionnées par la justice. La personne victime peut, selon les circonstances, réclamer des dommages et intérêts et la restitution de certains cadeaux reçus dans le cadre des fiançailles », ajoute Maître Daniel Mathe.
Face aux nombreuses publications qui circulent sur les réseaux sociaux, il appelle ainsi les jeunes et l’ensemble de la population à faire preuve de prudence avant de partager des informations dont l’origine et la véracité ne sont pas établies.
« Je demande aux jeunes de prendre du recul face aux publications non vérifiées. Il ne faut pas céder à la peur ni relayer des informations qui peuvent créer inutilement la panique », conseille-t-il.
Maître Daniel Mathe encourage par ailleurs les jeunes à ne pas laisser ces rumeurs influencer leurs décisions en matière de mariage. Pour lui, le mariage demeure un engagement encadré par la loi et fondé notamment sur le libre consentement des personnes concernées.
« On ne peut pas contraindre quelqu’un à épouser une personne contre son consentement. Le mariage repose sur la liberté et le consentement des futurs époux », rappelle-t-il.
Il invite donc la population à privilégier les informations provenant de sources fiables et à éviter la propagation de rumeurs susceptibles de provoquer la peur, la méfiance ou même la rupture de certaines relations amoureuses.
En définitive, aucune information présentée dans cette rumeur ne permet d’affirmer que le fait de se marier provoquerait la mort des nouveaux époux. Pour Maître Daniel Mathe, les jeunes doivent continuer à considérer le mariage comme un acte normal, tout en respectant les conditions prévues par la loi.
Elvine Malimbo