
Le Conseil des ministres du Burkina Faso, réuni jeudi 24 septembre 2026 à Ouagadougou sous la présidence du capitaine Ibrahim Traoré, a adopté plusieurs mesures touchant notamment à la reconnaissance des Martyrs et Invalides de la Nation, à l’encadrement des organisations non gouvernementales, à l’entretien du patrimoine public et à la modernisation du système de santé. Ces décisions, présentées par le gouvernement comme des réponses à plusieurs enjeux nationaux, interviennent dans le cadre de la dynamique de la Révolution Progressiste Populaire.
Au titre de la Primature, deux décrets ont officialisé la reconnaissance de la qualité de Martyr de la Nation à 315 personnes et d’Invalide de la Nation à 10 personnes, en application de la loi du 10 juin 2022. Selon le porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, ces textes consacrent la reconnaissance nationale envers des citoyens présentés comme s’étant distingués par leur bravoure et leur sacrifice lors d’événements politiques, sociaux et sécuritaires récents. Les Invalides reconnus bénéficient notamment de mesures relatives aux soins publics, au transport et à l’accompagnement psychosocial, tandis que les ayants droit des Martyrs bénéficient de dispositions spécifiques, notamment pour les enfants mineurs.
Autre décision majeure : le gouvernement entend renforcer le cadre d’intervention des associations et ONG au Burkina Faso. Deux décrets fixent désormais les conditions liées au statut d’ONG et aux documents de partenariat avec l’État. Les associations de droit burkinabè devront notamment disposer d’un accord-cadre, tandis que les organisations étrangères seront régies par une convention de siège. Un délai de grâce de deux ans est prévu pour permettre aux organisations concernées de se conformer aux nouvelles exigences.
Selon les éléments consultés par la rédaction de BeroyaFM.net, cette nouvelle orientation vise également à renforcer le suivi de l’utilisation des ressources mobilisées au nom des populations. Le gouvernement prévoit ainsi que les ONG intervenant dans le pays consacrent au moins 80 % de leur budget global aux investissements directs, afin de privilégier les actions destinées aux populations bénéficiaires plutôt que les dépenses de fonctionnement. Cette mesure s’inscrit dans une volonté affichée par les autorités de mieux encadrer l’action des organisations et de mesurer l’impact concret des financements.
La même session du Conseil des ministres a consacré la création de « Faso Sanya », un établissement public à caractère administratif chargé de professionnaliser la maintenance des bâtiments publics. La structure aura notamment pour mission d’intervenir dans le nettoyage, la plomberie, l’électricité, la climatisation et la rénovation. Elle devra collaborer avec la Maison des Compétences Burkina Suudu Bawdè afin de mobiliser des coopératives d’ouvriers qualifiés. Le compte rendu gouvernemental souligne que les dépenses liées au nettoyage, au gardiennage et à la réhabilitation des infrastructures publiques ont fortement augmenté ces dernières années.
La rédaction de BeroyaFM.net, s’appuyant sur les informations communiquées à l’issue du Conseil des ministres, relève également une réforme annoncée dans le secteur sanitaire. Le Conseil a adopté un projet de loi portant Code de la santé publique, destiné à remplacer le texte datant de 1994. Parmi les innovations annoncées figurent notamment l’intégration de dispositions relatives au don d’organes, la promotion du secteur privé de santé, la prise en compte des soins palliatifs, le renforcement de la vigilance sanitaire et de la régulation du marché pharmaceutique, ainsi que la création d’un corps de réserve sanitaire et un encadrement renforcé de la médecine légale et de la chirurgie plastique.
À travers ces différentes décisions, le Conseil des ministres du 24 septembre 2026 a ainsi placé au même niveau plusieurs chantiers : reconnaissance des victimes et accompagnement de leurs familles, encadrement des associations et ONG, gestion du patrimoine immobilier public et réforme du système sanitaire. Leur portée dépendra désormais de la mise en œuvre effective des textes adoptés et de leur traduction en actions concrètes sur le terrain.
Emmanuel Kasereka bin Vikingi