
Un habitant du village de Mabuku, en chefferie des Bashu, territoire de Beni (Nord-Kivu), a été grièvement blessé par balle dans la soirée du mercredi 29 juillet 2026 lors d’un incident impliquant des éléments Wazalendo affiliés à l’UPLC. Ce nouvel épisode ravive les préoccupations sur la protection des civils dans une région où les groupes armés d’autodéfense demeurent fortement présents.
La victime, Kasereka Pendeza Sivitsomwa, 26 ans, père de deux enfants et résident du quartier Brazza, affirme avoir été atteinte par balle au cours d’une patrouille nocturne. Selon son témoignage, l’incident serait lié à l’absence d’un jeton attestant sa participation aux travaux communautaires de salongo organisés plus tôt dans la journée. Admise dans une structure sanitaire de la place, elle reçoit des soins et son état de santé est, pour l’heure, jugé stable par le personnel médical.
D’après les premiers éléments recueillis, le contrôle effectué par les hommes armés aurait rapidement dégénéré après la vérification de ce document de participation aux travaux communautaires. Les circonstances exactes de l’usage de l’arme à feu restent toutefois à établir et aucune enquête officielle n’a encore livré ses conclusions.
L’incident a suscité une vive réaction au sein des organisations de défense des droits humains. Plusieurs activistes dénoncent un recours disproportionné à la force contre un civil et estiment que cette affaire mérite une réponse judiciaire afin de prévenir la répétition de tels actes.
L’activiste des droits humains Justin Paluku Kavalami appelle les autorités compétentes à ouvrir sans délai une enquête indépendante pour identifier les responsabilités et traduire l’auteur présumé devant la justice. Selon lui, l’impunité dans ce type de dossier risque d’encourager la criminalité en milieu rural et d’éroder davantage la confiance entre les populations, les autorités congolaises et les partenaires engagés dans le rétablissement de la paix.
Au moment de la publication de cet article, ni les responsables des éléments Wazalendo affiliés à l’UPLC ni les autorités administratives locales ne s’étaient officiellement exprimés sur cette affaire. Ce silence alimente les attentes des habitants, qui réclament des explications ainsi que des garanties pour leur sécurité.
Cet incident remet en lumière les défis liés au maintien de l’ordre dans les zones sous forte pression sécuritaire. Les acteurs de la société civile appellent les autorités à renforcer le contrôle des groupes armés locaux et à veiller au strict respect des droits des citoyens afin d’éviter que de tels incidents ne compromettent davantage les efforts de stabilisation dans le territoire de Beni.
Obady Madirisha