
Les six militants du mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA), arrêtés ce mercredi 4 février 2026 à Beni, dans la province du Nord-Kivu, ont été libérés dans la soirée, après plusieurs heures de détention au commissariat urbain de la Police nationale congolaise (PNC).
Ils avaient été interpellés alors qu’ils participaient à une marche pacifique pour dénoncer la poursuite des tueries de civils dans les territoires de Beni et Lubero, ainsi que l’inefficacité des mécanismes de sécurité mis en place par les autorités.
Cette manifestation intervenait pourtant dans un climat déjà tendu, marqué par une interdiction officielle de toute marche publique décrétée la veille par le maire de la ville de Beni, évoquant des raisons d’ordre et de sécurité publics.
Une décision qui avait été vivement critiquée par plusieurs organisations citoyennes et défenseurs des droits humains, estimant qu’elle portait atteinte à la liberté de manifestation garantie par la Constitution.
Malgré cette interdiction, les militants de la LUCHA ont maintenu leur action, affirmant que le droit à la vie et à la sécurité des populations devait primer sur toute mesure administrative. Leur arrestation a immédiatement suscité une vague d’indignation au sein de la société civile locale, qui a réclamé leur libération immédiate.
Selon des sources proches du dossier, les six militants ont été relâchés sans poursuites, après des échanges entre les autorités policières et certains acteurs de la société civile.
Dans un message publié après leur libération, la LUCHA a réaffirmé son engagement à continuer la lutte non violente pour la protection des civils et la restauration de la paix dans l’Est de la RDC, tout en dénonçant ce qu’elle qualifie de tentatives d’intimidation contre les voix citoyennes.
Dieumerci Matu Chub