
Un cadre d’échange réunissant plusieurs acteurs de la jeunesse s’est tenu ce dimanche 9 août 2026 à Mutwanga, dans le territoire de Beni. La rencontre, organisée dans la salle du nouveau bâtiment construit par la MONUSCO, qui abrite notamment les services des Affaires sociales, Genre, Famille et Enfant ainsi que celui de la Jeunesse et Éveil patriotique du secteur Ruwenzori, a été consacrée à la situation préoccupante de la jeunesse face à la consommation abusive d’alcool et de stupéfiants.
La rencontre a réuni les leaders des associations de jeunes, les ligues de jeunes des confessions religieuses ainsi que les représentants de différentes mutualités du secteur. Au centre des échanges figurait la présentation des résultats d’un monitoring réalisé dans plusieurs aires de santé de la Zone de Santé Rurale de Mutwanga, notamment à Mutwanga, Nzenga, Loulo, Halungupa et Mwenda, ainsi que dans d’autres zones couvertes par le suivi.
Selon Nzangura Kwavingston, chef du service de la Jeunesse et Éveil patriotique du secteur Ruwenzori, les résultats de ce monitoring révèlent une situation préoccupante liée à la consommation de substances psychoactives et de boissons fortement alcoolisées chez les jeunes. Les données présentées font état de 197 jeunes hommes ayant développé des problèmes de santé mentale à la suite d’une consommation abusive d’alcool et de stupéfiants.
Le monitoring fait également ressortir plus de 52 cas de personnes tombées dans le coma alcoolique, certaines ayant nécessité une prise en charge médicale dans des services de soins intensifs. À cette situation s’ajoute celle des grossesses précoces. Le service de la Jeunesse et Éveil patriotique rapporte 359 cas de mineures âgées de 14 à 17 ans ayant connu des grossesses non désirées.
Ces chiffres, présentés devant les différents acteurs de la jeunesse, ont suscité des inquiétudes et renforcé la nécessité d’une réponse collective. Pour Nzangura Kwavingston, cette réalité constitue une menace supplémentaire pour la jeunesse, déjà confrontée à plusieurs défis sociaux et sécuritaires.
Il considère la consommation abusive d’alcool et de stupéfiants comme une nouvelle forme de menace visant particulièrement la couche juvénile. L’appel lancé aux jeunes et à leurs encadreurs vise notamment à renforcer la sensibilisation, la prévention et l’accompagnement des jeunes exposés à la consommation de substances psychoactives.
Face à cette situation, les participants ont convenu de renforcer les actions communautaires en direction des jeunes. Les leaders des associations de jeunes, les représentants des ligues de jeunes des différentes confessions religieuses ainsi que les membres des mutualités se sont engagés à jouer un rôle actif dans la sensibilisation.
Leur engagement porte notamment sur la sensibilisation des jeunes aux dangers liés à la consommation abusive d’alcool et de stupéfiants, mais également sur la nécessité de promouvoir des comportements responsables au sein des communautés. Les participants entendent ainsi multiplier les séances de sensibilisation dans les quartiers, les communautés religieuses, les associations et autres espaces fréquentés par les jeunes.
Pour les acteurs réunis à Mutwanga, la lutte contre la consommation abusive d’alcool et de stupéfiants ne peut être menée par un seul service une seule structure. Elle nécessite l’implication des familles, des autorités locales, des responsables religieux, des associations de jeunes, des structures sanitaires et de l’ensemble de la communauté.
La rencontre de Mutwanga apparaît ainsi comme un cadre destiné à favoriser une réponse concertée face aux conséquences sociales et sanitaires observées dans plusieurs aires de santé du secteur Ruwenzori.
Au-delà des statistiques présentées, les participants ont insisté sur l’importance de prévenir plutôt que de subir les conséquences de l’usage abusif des substances psychoactives.
Dans un contexte où la jeunesse représente une importante force sociale et démographique du territoire de Beni, les acteurs réunis à Mutwanga appellent à une mobilisation accrue afin de protéger les jeunes contre les pratiques susceptibles de compromettre leur santé, leur avenir et leur participation au développement de leurs communautés.
La sensibilisation, l’encadrement et l’accompagnement des jeunes constituent désormais, selon les participants, des leviers essentiels pour faire face à cette menace.
Romulus Nzalumbo