
L’insécurité persistante, la situation des personnes déplacées et plusieurs préoccupations liées au développement local étaient au centre de l’Assemblée générale ordinaire de la Société civile Forces vives du groupement Baswagha-Madiwe, en territoire de Beni. Les travaux se sont tenus mercredi à Mabalako, dans les installations de l’Église CBCA, avec la participation de plusieurs acteurs communautaires.
Les participants ont fait état d’une situation sécuritaire préoccupante dans plusieurs zones, notamment à Mbilinga, Ngoyo, Cantine, Mashua, Makusa, Masau ainsi que sur l’axe Malese-Makusa-Ngoyo-Mununze. Des cas de cambriolages, de tracasseries, d’extorsions et de tirs intempestifs y sont rapportés. La Société civile demande aux autorités de vérifier ces signalements, de renforcer la protection des civils et de veiller à la discipline au sein des services de sécurité. Elle plaide également pour un meilleur accompagnement des populations qui regagnent progressivement leurs villages après les attaques attribuées aux groupes armés, notamment les ADF.
La situation humanitaire a également retenu l’attention de l’Assemblée. La Société civile s’inquiète du sort des personnes déplacées par les conflits, dont certaines occupent des établissements scolaires. Elle recommande leur identification, la recherche de sites d’hébergement appropriés et une assistance aux familles vulnérables, tout en insistant sur la nécessité de garantir aux enfants déplacés un accès digne et sécurisé à l’éducation. L’état du pont Loulo, sur l’axe Makusa-Mabalako, préoccupe également la Société civile, qui sollicite une évaluation technique urgente afin de prévenir une éventuelle dégradation pouvant compromettre la sécurité des usagers.
À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, célébrée le 12 août, l’Assemblée a appelé les jeunes de Baswagha-Madiwe à s’investir dans l’éducation, l’entrepreneuriat, la citoyenneté et les initiatives de développement. Elle les exhorte à se détourner de la consommation de drogues, de la délinquance, des violences et surtout de l’enrôlement dans les groupes armés, présenté comme une menace pour leur avenir et celui de la communauté.
Les tensions observées au sein de certains comités de la Société civile, particulièrement à Baswagha-Lubena/Cantine, ont également été abordées. Pour privilégier le dialogue et la médiation, une Assemblée générale extraordinaire est annoncée à Cantine le dimanche 16 août 2026 à partir de 9 heures, sauf changement communiqué par les organisateurs.
Sur le plan éducatif, les participants ont accueilli favorablement le projet Bourse d’études Madiwe (BEM), porté par les Forces vives. Selon les ressources mobilisées au sein de la communauté, l’initiative prévoit de sélectionner au moins un élève par localité afin de lui apporter un appui pour la poursuite de ses études secondaires après de bons résultats à l’ENAFEP. Par ailleurs, quinze Groupes de Travail Thématiques ont été mis en place dans les domaines de la sécurité, des droits humains, de la gouvernance, de l’éducation, de la santé, de l’agriculture, de l’environnement, des infrastructures et de la protection sociale.
À travers ces différentes résolutions, la Société civile Forces vives du groupement Baswagha-Madiwe réaffirme sa volonté de renforcer le plaidoyer communautaire. Elle appelle les autorités, les services de sécurité, les jeunes et l’ensemble de la population à privilégier le dialogue, la responsabilité et la cohésion sociale afin de faire face aux différents défis sécuritaires, humanitaires et socio-économiques du groupement.
Obady Madirisha