
Les villes de Beni et Butembo ont connu des ambiances nettement contrastées ce mardi 11 août, au lendemain des appels à la mobilisation lancés par différents mouvements citoyens. À Beni, les activités ont globalement poursuivi leur cours malgré une légère frayeur observée dans certains secteurs, tandis qu’à Butembo, l’appel à une journée « ville morte » a fortement perturbé les activités économiques et sociales.
À Beni, aucune manifestation majeure n’a été signalée au cours de la journée. Les activités sont restées visibles dans plusieurs quartiers et points stratégiques, notamment à Matongé, Kilokwa et Mayangose, ainsi qu’aux abords des ronds-points Nyamwisi. Une présence visible des forces de l’ordre a toutefois été constatée dans plusieurs secteurs afin de prévenir d’éventuels troubles.
Une légère frayeur a néanmoins été rapportée dans certains endroits de la ville, sans provoquer d’incident majeur. La situation est demeurée sous contrôle, alors que plusieurs habitants rencontrés ont appelé au maintien du calme et au recours aux voies légales pour le règlement des différends. Certains ont notamment souhaité que le dossier de l’acteur politique Clovis Mutsuva soit traité par la justice, dans le respect des procédures prévues par la loi.
À Butembo, l’ambiance était tout autre. La journée a été largement marquée par l’opération « ville morte » observée à l’appel de la Synergie des mouvements citoyens et groupes de pression. Les initiateurs de cette mobilisation réclamaient notamment des actions contre les rebelles des ADF ainsi que la libération de plusieurs acteurs pro-démocratie, parmi lesquels Clovis Mutsuva.
Cette mobilisation a entraîné une forte perturbation des activités économiques et sociales dans plusieurs parties de la ville. Des feux ont notamment été allumés à certains endroits, nécessitant l’intervention des éléments de la Police nationale congolaise pour rétablir l’ordre. La journée s’est ainsi déroulée sous une forte présence sécuritaire, dans un contexte déjà marqué par des préoccupations liées à l’insécurité et aux revendications citoyennes.
Au terme de la journée, Salama Kaliki, coordonnateur du mouvement RAIYA ANA SIMAMA, a salué la mobilisation observée à Butembo. Il a félicité la population pour avoir, selon lui, respecté le mot d’ordre lancé par la Synergie des mouvements citoyens. Cette déclaration intervient alors que les autorités avaient appelé la population à poursuivre normalement ses activités et à préserver l’ordre public.
Ainsi, Beni et Butembo ont affiché deux réalités différentes au cours de cette journée du 11 août : la première a privilégié la continuité des activités et le retour au calme, tandis que la seconde a exprimé son mécontentement à travers une paralysie largement suivie. Ces scènes contrastées illustrent la persistance des préoccupations sécuritaires et des revendications citoyennes dans cette partie du Nord-Kivu, où l’évolution de la situation reste suivie avec attention.
Daniel Ashuza Chibanvunya, depuis Beni