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Beni : deux militaires FARDC arrêtés pour pillage à Ngitse, un suspect en fuite

Deux militaires incontrôlés des FARDC ont été arrêtés à Beni après avoir pillé des biens et une importante somme d’argent au village de Ngitse. Un troisième suspect reste en fuite, tandis que les victimes exigent des enquêtes approfondies pour mettre fin à ces dérives.

Dans la nuit du 16 au 17 mai dernier, le village de Ngitse, situé dans le groupement Isale-Kasongwere en chefferie des Bashu, territoire de Beni, a été le théâtre d’un pillage orchestré par des militaires incontrôlés des FARDC. Les assaillants ont emporté des marchandises, des biens de valeur ainsi qu’une somme de 2 753 500 francs congolais, semant la peur au sein de la population locale.

L’auditorat militaire de garnison de Beni, détachement de Kyondo, a rapidement réagi en procédant à l’arrestation de deux des militaires impliqués. Ces derniers sont accusés d’avoir abandonné la ligne de front en territoire de Lubero avant de commettre ces actes criminels. Un troisième suspect, identifié, demeure en fuite et reste activement recherché par les autorités.

Dans le cadre des investigations, deux femmes soupçonnées de complicité ont également été interpellées à Kyondo. Elles sont accusées d’avoir collaboré avec les militaires pour faciliter le pillage. Cette avancée judiciaire est saluée par les victimes, qui espèrent que les enquêtes permettront de retrouver le fugitif et de mettre au jour d’éventuels autres complices.

Le chef du village de Ngitse, Muhindo Mapendo Prosper, a exprimé sa satisfaction quant à l’implication de l’auditorat militaire dans le suivi de ce dossier. Selon lui, cette démarche répond à l’intérêt de la population et contribue à restaurer la confiance envers les institutions judiciaires et militaires.

Toutefois, il a déploré le comportement de ces militaires incontrôlés, rappelant que leur mission première est de protéger les civils et non de les dépouiller. Il a également mis en garde toute personne susceptible de collaborer avec eux, soulignant que de telles complicités fragilisent davantage la sécurité dans la région.

Les victimes, quant à elles, insistent sur la nécessité d’une justice exemplaire. Elles demandent que les auteurs soient jugés et sanctionnés conformément à la loi, afin de dissuader d’autres militaires de céder à la tentation du pillage. Pour elles, seule une discipline stricte au sein des forces armées peut garantir la protection des populations.

Cette affaire met en lumière les défis persistants liés à la discipline militaire dans les zones de conflit du Nord-Kivu. Elle rappelle l’urgence d’un encadrement rigoureux des troupes et d’un suivi judiciaire systématique pour éviter que les forces armées ne deviennent elles-mêmes une menace pour les communautés qu’elles sont censées défendre.

Bakwanamaha Joseph

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