
À Cantine, le SYNECATH de la paroisse Saint-Mathieu conditionne la reprise des cours au renforcement des mesures sanitaires dans les écoles, alors que les autorités maintiennent la rentrée au 1er septembre 2026.
Le Syndicat national des enseignants des écoles conventionnées catholiques (SYNECATH) de la paroisse Saint-Mathieu, à Cantine, appelle ses membres à ne pas reprendre les cours ce mardi 1er septembre 2026. La décision a été prise dimanche 30 août, lors d’une assemblée générale tenue à l’École primaire Mahano, dans l’agglomération de Cantine, en localité de Baswagha-Lubena, au terme d’échanges consacrés notamment à la situation sanitaire et aux dispositifs de prévention disponibles dans les établissements scolaires.
Réunis à la veille de la rentrée, les enseignants ont décidé de suspendre leur participation aux activités scolaires jusqu’à la mise en place de mesures qu’ils jugent suffisantes pour prévenir les risques liés à la maladie à virus Ebola. Dans une déclaration adoptée à cette occasion, le syndicat demande au Gouvernement et à ses partenaires de renforcer les dispositifs sanitaires dans les écoles et invite les parents à garder leurs enfants à la maison dans l’attente de leur mise en œuvre.
Pour le SYNECATH de Saint-Mathieu, l’accueil des élèves et des enseignants sans équipements sanitaires adaptés constitue un risque majeur. « Ce n’est pas admissible que l’on reçoive les enfants à l’école et les enseignants sans dispositifs sanitaires. Si un enfant est contaminé, c’est toute l’école qui sera en danger », a déclaré Katembo Nzamere Jackson, secrétaire permanent du syndicat paroissial de Saint-Mathieu à Cantine. Il appelle ainsi à la dotation des établissements en kits d’hygiène et autres moyens de prévention nécessaires.
Cette position rejoint les inquiétudes exprimées par d’autres organisations syndicales dans le Nord-Kivu 2. Réunis en asse mblée générale à Butembo le 29 août, les syndicats regroupés au sein de l’Intersyndical des enseignants du Nord-Kivu 2 ont annoncé la suspension de la rentrée scolaire 2026-2027, évoquant notamment la présence du virus Ebola, la non-implantation de la MESP dans les territoires de Beni et Lubero, ainsi que la persistance de l’insécurité dans la région.
Les syndicalistes demandent aux autorités locales de s’impliquer davantage avant toute reprise des activités scolaires, estimant que les conditions actuelles ne garantissent pas une rentrée sereine. Dans leur déclaration, ils rappellent notamment que « la santé est un droit et non une faveur », mettant ainsi en avant la nécessité de concilier le droit à l’éducation avec la protection sanitaire des élèves et du personnel enseignant.
Ces revendications interviennent alors que les autorités éducatives du Nord-Kivu 2 maintiennent officiellement la rentrée scolaire au 1er septembre 2026. Elles insistent toutefois sur le renforcement de l’hygiène et des mesures de prévention contre Ebola dans les établissements scolaires. Ce contraste entre le calendrier officiel et les positions syndicales place la rentrée sous tension et fait de la mise en œuvre effective des mesures sanitaires ainsi que de la réaction des autorités les principaux enjeux de ce mardi 1er septembre.
Obady Madirisha