
En RDC, 16 janvier 2025
Aujourd’hui marque le 24e anniversaire de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, troisième président de la République Démocratique du Congo (RDC). Ce drame survenu le 16 janvier 2001 au palais des Marbres, dans la commune de Ngaliema à Kinshasa, continue de hanter la mémoire collective du pays.
Les faits
Ce mardi fatidique, aux environs de 13 heures, le président Laurent-Désiré Kabila travaillait dans son bureau lorsqu’il a été abattu par Rachidi Mizele Kasereka, un jeune caporal de sa garde républicaine. Ce dernier, sous prétexte de vouloir présenter ses civilités au chef de l’État, a été autorisé à entrer dans le bureau présidentiel. Une fois à l’intérieur, il a ouvert le feu, touchant le président au cou et au bas-ventre.
Dans la confusion qui s’en est suivie, Rachidi a tenté de s’échapper mais a été abattu sur le champ par le colonel Eddy Kapend, aide de camp de Laurent-Désiré Kabila.
Une mort entourée de mystères
Transporté d’urgence à la clinique Ngaliema, l’état de santé de Laurent-Désiré Kabila a immédiatement suscité des spéculations. Des rumeurs contradictoires ont circulé dans Kinshasa, certains affirmant qu’il avait succombé à ses blessures, d’autres qu’il avait été évacué vers le Zimbabwe pour y recevoir des soins. Ce n’est que deux jours plus tard, le 18 janvier 2001, que le gouvernement congolais a officiellement annoncé son décès.
Le professeur Léonard Mashako Mamba, alors ministre de la Santé et témoin de ces événements, a été l’une des rares voix à témoigner publiquement sur cette tragédie. Il était présent au palais présidentiel et a tenté de sauver la vie du président, selon ses dires.
Un procès controversé
L’assassinat de Laurent-Désiré Kabila a donné lieu à un procès au cours duquel une vingtaine de personnes, dont le colonel Eddy Kapend, ont été reconnues coupables de négligence et de complot. En 2003, elles ont été condamnées à mort, une sentence plus tard commuée en prison à vie.
En 2021, le président Félix-Antoine Tshisekedi a gracié Eddy Kapend et plusieurs autres condamnés, un geste qui a suscité des débats au sein de l’opinion publique.
Des questions sans réponses
Deux décennies après, l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila reste un sujet brûlant en RDC. Bien que le procès ait désigné des coupables, de nombreuses zones d’ombre subsistent, notamment sur les commanditaires et les véritables motivations de cet acte. Pour beaucoup, la vérité sur cet épisode tragique de l’histoire congolaise n’a pas encore été pleinement dévoilée.
Un lourd héritage
L’assassinat de Laurent-Désiré Kabila est intervenu 40 ans après celui de Patrice Émery Lumumba, autre figure emblématique de la lutte pour l’indépendance du Congo. Ces deux tragédies rappellent les défis constants auxquels le pays fait face pour construire une démocratie stable et souveraine.
En ce jour de commémoration, le souvenir de Laurent-Désiré Kabila reste vivace. Sa mort, bien qu’entourée de mystères, continue de symboliser les sacrifices liés à la quête de la souveraineté et de la dignité nationale pour la RDC.
Source: Radio Okapi
Esther Kisonga

