
Le marché de Kiwanja, en territoire de Rutshuru (Nord-Kivu), est actuellement saturé de haricots fraîchement récoltés. Cette denrée, présente dans la majorité des repas quotidiens, connaît une baisse de prix due à la surproduction.
Si cette abondance profite aux consommateurs, elle fragilise les agriculteurs qui dépendent de la vente de leurs récoltes pour vivre. Dans plusieurs zones du Nord-Kivu, les producteurs vivriers peinent à tirer profit de leurs efforts, ce qui affecte directement le panier de la ménagère.
Des experts estiment que le gouvernement devrait instaurer des politiques de soutien afin de garantir une juste rémunération aux agriculteurs. Dans une province où la majorité de la population rurale vit de l’agriculture, ces mesures apparaissent urgentes.
Les paysans réclament notamment la construction de routes de desserte agricole pour faciliter l’écoulement des produits vers les centres urbains, ainsi que le rétablissement de la sécurité dans les zones rurales, souvent théâtre de conflits armés.
Le territoire de Lubero illustre cette détresse : l’activisme des rebelles ADF y a déjà coûté la vie à des centaines d’agriculteurs, privant les villes comme Butembo de leur approvisionnement vivrier. À Beni et ailleurs, massacres et insécurité aggravent la précarité des habitants.
À ces violences s’ajoute le délabrement avancé des routes agricoles, qui isole davantage les communautés rurales et limite leurs possibilités de commercialisation. Les populations se retrouvent coincées entre insécurité et pauvreté.
Face à cette double crise – économique et sécuritaire – les habitants du Nord-Kivu interpellent les autorités. Ils demandent des mesures urgentes pour résoudre les conflits armés et relancer le secteur agricole, afin d’offrir un souffle de soulagement à une population meurtrie depuis trop longtemps.
Emmanuel Kasereka Bin Vikingi, journaliste